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Comment faire une planche maçonnique ? 10 conseils

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Comment faire une planche maçonnique ? Comment réussir sa planche ? Quelle structure, quelle longueur ? Voici 10 conseils incontournables.

Ecrire une planche oblige à un effort de réflexion et de synthèse qui est loin d’être évident. Sans méthode, l’exercice peut s’avérer laborieux, mais avec quelques conseils il devient plus aisé de poser sa pensée et d’adopter une écriture simple et pertinente, à même d’intéresser son auditoire.

Nous allons voir comment éviter les trois risques qui pèsent sur la rédaction d’une planche, à savoir :

  • le hors-sujet,
  • le trop académique,
  • le trop long.

Il faut aussi rappeler l’enjeu de la planche : il ne s’agit pas de procéder à une démonstration philosophique mais de présenter des pistes de réflexion par une ouverture intuitive, tout en offrant à ses frères et sœurs matière à penser. Autrement dit, une planche réussie est une planche qui correspond à l’esprit et aux valeurs maçonniques : partage, fraternité, ouverture, progrès.

Cet article est destiné aux apprentis qui débutent dans l’art de composer des planches. Mais les maîtres maçons devraient aussi se remémorer ces conseils afin de montrer l’exemple !

Comment faire une planche maçonnique ? Voici 10 conseils pour réussir sa planche.

Voir aussi cette liste de planches au premier degré

Voici 10 conseils pour réussir sa planche maçonnique.

1) Ne pas confondre planche maçonnique et article encyclopédique

Premier point important, une planche maçonnique ne doit pas prendre la forme d’un article encyclopédique. Trop souvent, on entend des planches qui commencent par une étude exhaustive de l’objet ou du symbole considéré, avec des références largement profanes. Cela est inutile.

Par exemple, si vous devez faire une planche sur les grenades, inutile de proposer une longue description botanique, historique, culturelle ou étymologique du grenadier. Quelques rappels de base suffiront. De même, si vous présentez un travail sur la liberté, inutile de décliner la position de tous les grands philosophes sur le sujet…

Une planche ne doit pas se perdre en informations générales ou académiques. Cependant, de tels éléments peuvent être introduits succinctement pour étayer une interprétation symbolique.

2) Se rattacher au rituel

Voilà un excellent moyen de débuter une planche : citer un ou plusieurs passages du rituel qui se rapportent directement au sujet traité. L’angoisse de la page blanche s’efface alors : on peut se rattacher à quelque chose de connu et de partagé sans risquer de se perdre.

Le rituel est un tremplin pour lancer la réflexion. Il ne donne pas de réponse toute faite mais des pistes de travail : pourquoi ne pas en profiter ? Il est fondamental de citer le rituel, quel que soit le type de sujet, symbolique ou sociétal. Cela implique bien sûr de disposer et de relire les rituels concernés : initiation, instruction, ouverture et fermeture des travaux, etc.

3) Se concentrer sur le sujet

C’est une règle d’or : évitez le hors-sujet ! Il est important de ne pas trop s’écarter du thème afin de ne pas perdre ses FF. et SS. dans les méandres d’une pensée qui semblerait alors manquer de clarté.

Par exemple, inutile de répéter tout le process de l’initiation maçonnique si le sujet concerne uniquement l’Epreuve du Feu. Un rapide rappel suffira, sous forme de mise en perspective.

4) Découper son texte en plusieurs parties

Il peut être intéressant de découper sa planche en deux, trois ou quatre parties afin de montrer une progression dans le raisonnement. Les intitulés de parties pourront prendre la forme de questions.

Les planches trop compactes peuvent sembler obscures voire rébarbatives. Il s’agira au contraire de laisser apparaître un fil conducteur, moyen pour l’auditoire de se repérer dans le labyrinthe du sujet à explorer.

5) Parler avec le coeur

Une planche est l’aboutissement d’une méditation personnelle. Elle doit montrer une démarche de recherche intime. C’est toute la différence entre un travail maçonnique et un travail scolaire, dans lequel le professeur souhaite retrouver exactement ce qu’il a appris à ses élèves. En franc-maçonnerie, il n’y a pas de discours attendu, pas de note ni de jugement.

Autrement dit, le but premier n’est pas de montrer aux autres que l’on a compris, mais plutôt de partager des pistes de réflexion nouvelles, sorties du plus profond de soi-même. En composant sa planche, la S. ou le F. conférencier se place devant son propre miroir.

Parler avec le coeur, c’est donc lâcher les postures et se défaire de la peur de mal dire. C’est livrer son authenticité première, notamment en parlant à la première personne, en direction des autres.

6) Préférer les questions aux réponses

En franc-maçonnerie, on construit sur des questions plutôt que sur des réponses. Chaque question appelle différents chemins de réflexion qui permettent l’épanouissement de l’intuition. Chaque début de réponse a vocation à être dépassé, chaque affirmation doit pouvoir être remise en cause.

La quête de la vérité n’est jamais terminée, la connaissance parfaite est inatteignable : voilà les seules « vérités » qui doivent transparaître dans une planche maçonnique.

7) Ne pas faire trop long

La plupart des loges fixent une durée maximale de 10 minutes pour présenter une planche. Malheureusement, cette durée est rarement respectée.

Il est important de suivre cette règle des 10 minutes pour plusieurs raisons. D’abord pour s’en tenir au sujet. Ensuite pour maintenir l’attention de l’auditoire. Et aussi pour laisser du temps aux échanges qui suivront. En effet, les échanges ont vocation à venir enrichir la planche : c’est bien là le coeur du travail maçonnique.

8) Ecrire pour la lecture à voix haute

Savoir faire une planche maçonnique est bien, savoir la lire est mieux. Le but est d’intéresser l’auditoire. Il faut donc adopter une lecture lente, entrecoupée de silences, en parlant suffisamment fort, en variant le ton de la voix et en insistant sur les mots importants.

Intéresser l’assistance, c’est aussi poser des questions directes, s’adresser sans détour aux personnes présentes, ou encore se référer à des expériences communes vécues en loge.

9) Adopter le ton juste

Le ton d’une planche maçonnique doit-il être léger, humoristique ou au contraire sérieux, grave ? Il n’y a pas de règle à ce sujet, l’important étant de nourrir au mieux la réflexion et le débat à suivre.

On se gardera cependant d’employer un ton trop humoristique ou décalé, le but premier d’une planche n’étant pas d’amuser l’auditoire…

10) Terminer en ouvrant le débat

Il peut être bon de conclure sa planche en ouvrant le débat, par exemple en posant une question ouverte ou en faisant part d’un doute. La planche ne doit surtout pas livrer une interprétation définitive qui mettrait mal à l’aise l’auditoire et couperait l’envie de prendre la parole.

Comment faire une planche maçonnique ? Une planche « réussie » est une planche agréable à écouter. Claire, ordonnée et personnelle, subtil mélange de références maçonniques, de pensées personnelles et de réflexions universelles.

Chacun y apportera sa touche personnelle : humour, citations, références à d’autres formes de spiritualité, expériences vécues… L’important étant de proposer quelque chose de nouveau, autant pour soi que pour les autres. Les échanges pourront prendre corps sur cette base solide.

Pour aller plus loin :

livres maçonniques

Modif. le 23 février 2025

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